UN SPECTACLE VIVANT À CARIFESTA

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Jowee Omicil est un spectacle vivant à lui seul. Ce jazzman multiinstrumentiste a produit un spectacle hors pair au Triomphe en l’honneur du public de Carifesta. Il ne se contente pas de jouer sur la scène les morceaux d’anthologie du jazz, où l’on perçoit le souffle des légendes Miles Davis, Kenny Jarret, Ornet Coleman. Il ne se cantonne pas seulement à faire découvrir sous un angle jazz, les musiques traditionnelles haïtiennes et des morceaux de compas. Saxophone à la bouche, il contorsionne son corps de liane et exécute des airs de free jazz dans un fluide mélodique.

Écouter Jowee Omicil, assis confortablement dans son siège, n’est pas un exercice de tout repos. L’artiste vous met en éveil. Il vous invite à prendre part à la composition qui a l’air de prendre forme dans la chaleur des voix de l’assistance qui s’élèvent en chœur avec lui. Si vous ne savez pas ce que c’est que le scat, Omicil vous pousse jusqu’au bout à produire des onomatopées mélodieux. Son saxophone, sa clarinette, sa flûte, toute une panoplie d’instruments à vent, qu’il joue tour à tour, enrobe les bruits de paroles doux comme des babillages frais d’enfant.

Une autre dimension que le public découvre chez cet artiste, c’est son talent de leader. Il entraîne les musiciens qui l’accompagnent avec une fureur de vivre sa passion sur scène. Cette passion éclate dans plusieurs morceaux : Prière pour Ayiti, Emily’s Groove, For my people, Micky’s groove, Griot steps, Cubhatiando, Outro 4 Haïti, « Micky’s groove », un morceau dédié à Michel Martelly.

Et quand il a fini d’allumer les instrumentistes (Harold St Louis au piano, James Quinlan à la basse, Jeffrey Dean aux percussions et tabla, Manni à la batterie et Joel Widmaier aux percussions), il s’élance en courant dans la salle, monte sur un fauteuil, prend la posture d’un mannequin. Pour le jazz, ce bout-en-train fait le comédien, le chef d’orchestre et chante. Le public ne demande que cela. Même les enfants accompagnés de leurs parents se mettent dans cette ambiance où il fait bon de rappeler que les plus beaux instants sont ceux où nous devenons absolument divins.

L’esprit du jazz planait dans cette salle acquise au talentueux musicien canadien d’origine haïtienne. A la fin du spectacle, il a improvisé quelque chose à laquelle les musiciens ne s’y attendaient pas. Un à un, il a demandé à ces derniers de le rejoindre au-devant de la scène pour chanter et scater avec lui. Harold St Louis, James Quinlan, Jeffrey Dean, Manni et Joel Widmaier, ne s’attendaient pas à laisser leur instrument de côté. Et la salle s’est mise dans la partie jusqu’à la note finale.

Sacrée Jowee Omicil ! On espère le retrouver au festival de Jazz de Port-au-Prince, se serait une belle occasion de le redécouvrir à travers ses albums, « Let’s Do This », « Roots and Grooves » et « Naked », le dernier opus de cet ancien étudiant de Berkeley College of Music de Boston qui rend hommage aux dieux du jazz.

Source Рlenouvelliste.com РJournaliste / Photos : Claude Bernard S̩rant

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